Les Daïti Boys - Chants polyphoniques de Guyane
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Creations

Travail sur la biomécanique

Notes sur la formation de l’acteur, travaux de recherches à partir du spectacle Daïti

cours de biomécanique avec les élèves du TEK
cours de biomécanique avec les élèves du TEK
cours de biomécanique avec les élèves du TEK
cours de biomécanique avec les élèves du TEK
La biomécanique

Nous nous sommes inspirés des travaux de Meyerhold sur la biomécanique en nous appuyant sur un socle propre à notre temps et à notre pays. Avec pour objet les dits épiques ou les contes ; par exemple : Daïti, une épopée à partir des « dits » saramaka croisée, avec l’Odyssée d’Homère (traduction de Leconte de l’Isle).

Nous nous sommes appuyés sur le sens du sacré, la notion d’origine mythique chez les saramakas ; sur une notion du temps qui peuple le monde de présences sensibles, un temps qui convient au merveilleux, au fantastique. Nous avons cherché à développer l’expressivité de l’acteur, pour cela nous sommes partis des « pré-requis » des savoirs faire, de l’observation des mouvements de nos acteurs saramakas.

Par exemple nous notons:

1. L’absence de mouvements « improductifs », une sorte d’ergonomie du geste.
2. La rythmicité.
3. La stabilité.
4. L’aspect « dansant » de leur mouvement.
5. L’engagement.
6. L’endurance.

Nous avons exercé chez nos acteurs la capacité à organiser leur matériau artistique : l’art de la plasticité dans l’espace ; à être des constructeurs, à économiser les moyens d’expression, économie qui garantit la précision et peut-être la naissance d’un style. Pour ce qui concerne le travail sur l’acteur et ses émotions: nous avons privilégié la naissance de l’émotion de l’extérieur vers l’intérieur. La méthode qui consiste, pour former l’acteur, à agir sur la mémoire émotionnelle, sur tout ce qui concerne en fait l’organisation intérieure d’un être se heurte ici dans notre pratique à la pudeur créée par la barrière culturelle, codes de politesse, tabous… nous cherchons donc à inverser le processus : « Je vois un jaguar, j’ai peur, je cours, j’ai peur ».

Les arts de la danse, du bâton, les arts martiaux nous sont utiles et sont introduits, comme auxiliaires du cours de biomécanique. Au-delà et comme un conséquence naturelle, « l’alphabétisation » (sous forme d’échanges) des personnes non scolarisées.

Traductions

Traductions autour de la langue Saramaka à Dan.

Scéance de traduction/répétition au village de Dan.
©Philippe Ferrant
Scéance de traduction/répétition au village de Dan.
©Philippe Ferrant
Scéance de traduction/répétition au village de Dan.
©Philippe Ferrant
Scéance de traduction/répétition au village de Dan.
©Philippe Ferrant
Scéance de traduction/répétition au village de Dan.
©Philippe Ferrant
Scéance de traduction/répétition au village de Dan.
©Philippe Ferrant
Scéance de traduction/répétition au village de Dan.
©Philippe Ferrant
La langue Saramaka, (aussi appelée saamakatöngö) s'est constituée et stabilisée comme une langue à part entière dans l'arrière pays du surinam au XVIIe siècle. Elle fait partie des créoles élaborés par les africains déportés dans les plantations anglaises, néerlandaises et portuguaises, et qui ont marroné dans la forêt où ils ont reconstruit des civilisations très originales, en adaptant les traditions africaines à l'environnement amazonien.

1er temps : Collectage oral des contes et dits saramakas.

2e temps : Transcription écrite en saramaka.

3e temps : Traduction en français et adaptation pour « Daïti » et « Kaïdara ».

4e temps: Traductions écrites de l’Odysssée d’Homère (version Leconte de l’Isle) en saramaka et la légende de Kaïdara rapportée par Amadou-Ampâté Bâ.

5e temps : Distribution des textes des spectacles Daïti et Kaïdara aux acteurs qui ne savent pas lire.

6e temps : Apprentissage oral des textes avec un répétiteur bilingue, les acteurs ont toujours le texte écrit proche des yeux, avec la liberté de le regarder ou non, d’y chercher des repères, des photographies des mots qu’ils prononcent, surtout lorsqu’il s’agit des récits en saramaka ou des récits saramakas en français.

7e temps : Mise en jeu du texte, étape où pour les acteurs, le texte écrit devient un des référents pour toutes les répliques « signalées ».

Bilan d’étape: Lors des discussions après les répétitions, les acteurs font état d’un mieux être ressenti, par rapport à leur absence de scolarité, du désir d’approfondir leurs connaissances en lecture et écriture du français. Et pour ceux d’entre eux non francophones, on note un début de conversation en français facile. Les acteurs nous disent aussi que le fait de pratiquer le théâtre, leur permet de porter un autre regard sur eux-mêmes, tandis que nous portons un autre regard sur eux, et ainsi de faire valoir leur propre école (qui n’est pas à l’origine celle de la République).